Déclaration publique sur les violations graves des droits humains à Iguala et Tlatlaya, Mexique

(English, espanol)

November 17 2014

Aux autorités politiques fédérales, régionales et locales du Mexique,

Nous sommes profondément indignés-es par les évènements survenus récemment au Mexique. Le 30 juin 2014 à Tlatlaya, État du Mexique, 22 personnes sont mortes, dont 15 exécutées par l’armée, qui fait actuellement l’objet de poursuites judiciaires. Les 26 et 27 septembre 2014, un véritable massacre a été commis par la police municipale et des hommes armés qui selon les témoins ayant survécu appartiendraient au groupe Guerreros Unidos.

Ces derniers évènements ont fait 6 morts, dont trois étudiants de l’École normale rurale Raúl Isidro Burgos d’Ayotzinapa. Depuis, 43 étudiants de l’école normale sont portés disparus après avoir été détenus par la police. Le maire de Iguala est accusé d’être l’auteur intellectuel du massacre. De plus, le gouverneur de l’État de Guerrero a démissionné suite aux allégations de complicité dans les activités délictueuses du maire. Selon des témoins, l’armée serait également impliquée.

Les crimes d’Ayotzinapa et Tlatlaya ne sont pas des évènements isolés et s’ajoutent à une série de violations graves des droits humains ayant cours au pays. Depuis 2006, nous comptons plus de 90 mille morts, plus de 25 mille disparus-es et plus de 250 mille déplacés-es sous prétexte de la dite guerre au narcotrafic, qui a été décrétée par le gouvernement de Felipe Calderón et qui a été reprise comme stratégie centrale de sécurité du gouvernement de Enrique Peña Nieto. Ces chiffres pourraient être plus élevés dépendamment des sources. Cette guerre au narcotrafic a été dénoncée par des organisations de défense de droits comme étant avant tout une stratégie de criminalisation et de répression de la part de l’État.

Dans ce contexte de répression et de criminalisation de la mobilisation sociale, l’État porte atteinte à l’éducation publique et en particulier aux écoles normales rurales. Ces écoles ont comme objectif la formation d’enseignants pour les zones les plus défavorisées du pays. Toutefois, elles doivent lutter depuis quarante ans pour assurer leur survie face aux actions récurrentes de l’État visant à les faire disparaître. La répression de l’État mexicain envers les écoles normales rurales du pays a été systémique et constante, surtout dans les États de Guerrero, de Oaxaca et du Chiapas, où les niveaux de pauvreté sont parmi les plus élevés au pays. Nous nous solidarisons avec ces écoles reconnues comme des lieux de mobilisation et de contestation historiques.

Ces crimes portent aussi atteinte contre le droit à la contestation et répriment toute forme d'opposition politique et de libre expression. Cette répression systématique et violente sont des atteintes contre les droits humains de toutes et tous les Mexicains-es et en particulier des franges les plus vulnérables de la population. Nous condamnons catégoriquement l'utilisation arbitraire de la force par le gouvernement et sa collusion avec le crime organisé.

Nous considérons que ces évènements sont inacceptables et extrêmement graves, c’est pourquoi nous demandons aux organismes gouvernementaux compétents au Mexique :

  1. Effectuer les enquêtes et les actions de recherche pour retrouver les 43 étudiants disparus en toute transparence considérant que les résultats  jusqu’à ce jour sont insatisfaisants.
  2. Mener une enquête indépendante, rapide et efficace se rapportant aux évènements survenus le 30 juin à Tlatlaya et le 26 et 27 septembre 2014 à Iguala.
  3. Amorcer des procédures administratives et judiciaires contre les autorités étatiques et fédérales qui ont manqué à leur devoir de prévenir raisonnablement ces graves violations des droits humains afin qu’ils rendent compte devant la justice.
  4. Assurer la sécurité et l'intégrité physique et psychologique des témoins et des étudiants qui ont dénoncé les évènements, ainsi que desdéfenseurs-es qui accompagnent les élèves de l’école normale rurale d’Ayotzinapa. Cela doit être fait conformément aux dispositions de laDéclaration de l’ONU sur le droit et la responsabilité des individus, groupes et organes de la société de promouvoir et protéger les droits de l’homme et les libertés fondamentales universellement reconnues.
  5. Mettre fin à la persécution systématique de toute voix dissidente et de toute forme de contestation et de mobilisation politique.

Nous vous demandons de nous tenir informés-es des actions que vous mènerez afin d’établir les responsabilités pénales entourant ces faits. Les crimes d’Ayotzinapa et Tlatlaya sont des crimes contre l’humanité, comme l’ont déjà dénoncé différentes organisations de droits humains au Mexique, parmi lesquelles le Centre de droits humains Miguel Agustín Pro Juárez A.C. (Centro Prodh) et Amnistie Internationale.

 

¡Vivos se los llevaron y vivos los queremos!

Vous les avez pris vivants, rendez-les nous vivants!

 

Association des juristes progressistes

Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI)

Bloc d'artistes du CTI (Centre des Travailleurs et Travailleuses Immigrantes à Montréal)

Chaire Nycole Turmel sur les espaces publics et les innovations politiques, UQAM

Coalition québécoise sur les impacts socio-environnementaux des transnationales en Amérique latine (QUISETAL)

Comité pour les droits humains en Amérique latine (CDHAL)

Comité régional d’éducation pour le développement international de Lanaudière (CRÉDIL)

Common Frontiers

Confédération des syndicats nationaux - CSN

Costureras de sueños-Teatro independiente

Diversitas Coop

Église Unie du Canada – Ministères en Français

Femmes de diverses origines

Groupe d’entraide internationale Spirale (Conseil d’Administration)

Horizons of Friendship

Illusion Emploi

Institut Polaris

InterPares

L'Entraide missionnaire

Mexicanxs unidxs por la regularización

MigrantWorkersRights/DroitsTravailleursMigrants

Mining Watch Canada

Projet Accompagnement Solidarité Colombie (PASC)

Relations publiques sans frontières

Rencontre Interculturelle des Familles de l’Estrie

SalvAide

Syndicat des Métallos

 

Public Declaration About the Human Rights Violations in Iguala and Tlatlaya, Mexico

December 12, 2014

To the federal, regional, and local political authorities of Mexico,

We are profoundly distressed by the events that recently took place in Mexico. On June 30, 2014, 22 people were killed in Tlatlaya, state of Mexico; 15 of them were executed by the Army, which is now being prosecuted. On September 26 and 27, 2014, a massacre occurred in Iguala, Guerrero. It involved members of the municipal police and non-identified armed men, which, according to surviving witnesses, are part of a group called “Guerreros Unidos”. These incidents caused the death of six persons, three of which were students from Ayotzinapa’s rural school Raúl Isidro Burgos. Since then, 43 students, who were detained by the police, are missing. The mayor of Iguala has been accused of masterminding the massacre. Moreover, the governor of the state of Guerrero has resigned following allegations of complicity in the mayor’s criminal activities. According to witnesses, the Army would also be involved.

The crimes of Ayotzinapa and Tlatlaya are not isolated events; on the contrary, they add up to the series of violations of human rights taking place in the country. Since 2006, more than 90,000 deaths have been registered, more than 25,000 people are missing, and more than 250,000 people have been internally displaced. These numbers could be higher, depending on the sources. All these violations of human rights are caused by the said war against drug cartels started by Felipe Calderón’s government, a war which has been adopted as the central security strategy of Enrique Peña Nieto’s government. This war against narco-trafficking has been denounced by human rights organizations as constituting strategies of criminalization and repression used by the state.

In this context of repression and criminalization of popular mobilization, the State undermines public education, particularly the rural normal schools. The objective of such schools is the training of teachers for the most disadvantaged zones of the country. However, they have been struggling for 40 years to ensure their survival against state actions seeking their dissolution. The Mexican State’s repression towards the normal schools has been systematic and constant, notably in the states of Guerrero, Oaxaca and Chiapas, where poverty levels are the highest of the country. We stand in solidarity with the normal rural schools, recognized as places where social mobilization and protest has historically emerged.

These crimes undermine the right to protest and suppress all forms of political opposition and free expression. This systematic and violent repression threatens the human rights of all Mexicans, and particularly of those sections of the population most vulnerable. We condemn categorically the arbitrary use of force by the government and its collusion with organized crime.

We consider that these events are unacceptable and extremely serious, this is why we demand the relevant organizations of the Mexican government to:

  1. Conduct the investigations and research activities necessary to find the 43 missing students in a fully transparent manner considering that the results have been unsatisfactory until now.
  2. Conduct a rapid, effective, and independent investigation relating to the events of June 30, 2014 in Tlatlaya and of September 26 and 27, 2014 in Iguala.
  3. Initiate administrative and judicial proceedings against state and federal authorities that have failed in their duty to prevent these serious human rights violations, in order to make them accountable before the courts.
  4. Ensure the security and integrity of the students and witnesses who denounced the events as well as protect human rights defenders who are supporting the students of the Normal School of Ayotzinapa. This must be done in accordance with the provisions of the UN Declaration on the Right and Responsibility of Individuals, Groups and Organs of Society to Promote and Protect Universally Recognized Human Rights and Fundamental Freedoms.
  5. Put an end to the systematic persecution of dissident voices and all forms of protest and political mobilization.

We wish to be informed of the actions that you will undertake to establish the legal liability regarding these events. The crimes of Ayotzinapa and Tlatlaya are crimes against humanity, as has been denounced by different human rights organizations in Mexico, among which the Human Rights Center Miguel Augustín Pro Juárez A.C. (Prodh Center) and Amnesty International.

 

¡Vivos se los llevaron y vivos los queremos!

Alive they were taken, alive we want them back!

 

Association des juristes progressistes

Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI)

Bloc d'artistes du CTI (Centre des Travailleurs et Travailleuses Immigrantes à Montréal)

Chaire Nycole Turmel sur les espaces publics et les innovations politiques, UQAM

Coalition québécoise sur les impacts socio-environnementaux des transnationales en Amérique latine (QUISETAL)

Comité pour les droits humains en Amérique latine (CDHAL)

Comité régional d’éducation pour le développement international de Lanaudière (CRÉDIL)

Common Frontiers

Confédération des syndicats nationaux - CSN

Costureras de sueños-Teatro independiente

Diversitas Coop

Femmes de diverses origines

Groupe d’entraide internationale Spirale (Conseil d’Administration)

Horizons of Friendship

Illusion Emploi

Institut Polaris

InterPares

L'Entraide missionnaire

Mexicanxs unidxs por la regularización

MigrantWorkersRights/DroitsTravailleursMigrants

Mining Watch Canada

Projet Accompagnement Solidarité Colombie (PASC)

Relations publiques sans frontières

Rencontre Interculturelle des Familles de l’Estrie

Relations publiques sans frontières

Rencontre Interculturelle des Familles de l’Estrie

SalvAide Canadá

The United Church of Canada – Ministries in French

United Steelworkers

 

 


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